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VATICAN II : L’ÉGLISE DE DIEU et NOTRE ÉGLISE - 6

Le document conciliaire sur l’Église met en évidence la dimension divine de la communauté des disciples du Christ Jésus. Elle est un mystère. Elle est le sacrement du Christ Lumière du monde. Elle est le signe et le moyen d’opérer l’union intime avec Dieu et l’unité du genre humain. Selon le dessein bienveillant du Père, par l’action libératrice du Fils et la présence vivifiante de l’Esprit, elle reçoit la mission d’annoncer et d’instaurer en toutes les nations le Royaume du Christ et de Dieu.

Il ne s’agit donc pas d’une organisation humaine ordinaire, comme on peut en créer pour divers besoins. L’Église est un projet de Dieu. Rien de moins. Et les mots pour en parler prennent le détour des symboles, qui évoquent de diverses manières la richesse de sens que cette communauté entend partager avec le monde. Elle est le bercail, le troupeau, le jardin de Dieu, l’édifice divin, la Jérusalem d’En-Haut, son Corps mystique, l’épouse du Christ. Réalité à la fois visible et invisible, corporelle et spirituelle, elle est le reflet du Fils éternel incarné en notre humanité.

L’Église est surtout présentée comme le peuple de Dieu, et elle est déjà le signe que le Royaume de Dieu est parmi nous, mais pas encore totalement réalisé. Nous sommes un peuple qui se construit, qui lentement s'adapte et transforme les individus et le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui et jusqu'à la fin des temps. Dans le Peuple de Dieu, tous les baptisés sont convoqués par Dieu à vivre comme un peuple de prêtres, de prophètes et de rois, et les ministères ordonnés sont services pour l'animation et la structuration de ce peuple de Dieu.

L’Esprit-Saint non seulement sanctifie le Peuple de Dieu, le conduit et l’orne de vertus au moyen des sacrements et des ministères, mais « en distribuant à chacun ses dons comme il lui plaît », il dispense également, parmi les fidèles de tout ordre, des grâces spéciales qui les habilitent à assumer des activités et des services divers, utiles au renouvellement et à l’expansion de l’Église, suivant ces paroles : «  A chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun » (1 Co 12,7). (Constitution sur l’Église. Lumen gentium, n.12)

Voilà la beauté de notre Église, la grandeur de son identité et de sa mission. Une prière du bréviaire exprime bien ce rêve. En regardant par en avant, nous voyons apparaître la figure d’une Église plus communionnelle, moins figée dans les rites et les dogmes, audacieusement prophétique, capable de généreuses préoccupations pour les plus délaissés, les plus fragiles, les plus pauvres. Une Église d’hommes et de femmes enthousiastes et heureux de vivre ensemble la stimulante aventure du Royaume.

Jean Desclos


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