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VATICAN II : L’ÉGLISE PASSE DU JE AU NOUS! - 7

L’identité de l’Église fut une des grandes préoccupations de l’assemblée conciliaire. Paul VI avait inscrit parmi les objectifs à poursuivre «la prise de conscience que l’Église doit faire d’elle-même». Exercice de miroir : qui sommes-nous, quelle est notre mission, quel est notre rôle? Comment présenter l’Église au monde d’aujourd’hui?

Ces questions prennent une couleur particulière en fonction des traces laissées par le concile Vatican I, en 1870. Ce concile proclama que le Pape est revêtu d’un charisme d’infaillibilité, à certaines conditions certes, mais qu’il n’a pas à rendre compte de ses décisions, et encore moins à se soumettre aux décisions d’un concile. Cela pouvait signifier, dans la pensée populaire, que c’est le Pape qui est l’Église…

Vatican II fait passer la réflexion du Je papal, au Nous ecclésial. Des discussions opposent les tenants d’un modèle hiérarchique strict, c’est-à-dire d’une forme de monarchie papale, aux partisans d’une vision nouvelle de la famille des disciples du Christ Jésus. Le consensus final a permis de soutenir en même temps les deux accents, tout en présentant des formulations vraiment novatrices. L’Église demeure une hiérarchie certes, mais sa qualité profonde n’est pas dans sa structure organisationnelle.

L’Église est le reflet du Christ à la fois Tête et Membres. Elle est le véhicule de l’œuvre d’amour et de salut offert à l’humanité. Elle se définit comme petit troupeau, peuple de Dieu, communion des cœurs. Elle prend sa place dans le monde comme le levain dans la pâte. Elle n’ambitionne pas de diriger le monde, mais de le servir. Le Christ, qui se présente comme la lumière du monde, s’y rend présent grâce à son Église, dans laquelle chaque membre a un rôle important à jouer. L’accent hiérarchique est ainsi nuancé par une affirmation de l’importance de toutes et de tous. Nous prenons alors conscience que l’Église, c’est nous tous croyantes et croyants solidaires dans la foi et l’amour du Christ Jésus.

Il a plu à Dieu d’appeler les hommes à participer à sa vie non pas seulement de façon individuelle, sans aucun lien les uns avec les autres, mais de les constituer en un peuple dans lequel ses enfants, qui étaient dispersés, seraient rassemblés dans l’unité. (Décret Ad Gentes, sur l’activité missionnaire de l’Église, n. 2.)

Nous voilà donc invités à donner à notre vie chrétienne un constant souci de la vitalité de nos communautés, de leur communion solidaire au Christ Ressuscité et de leur engagement généreux au service de toutes et de tous.

Jean Desclos


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