Fabriqué par Raymnond Paris

Réflexions et billets


Vive la différence

Luc raconte qu’à la Pentecôte « chacun entendait parler les Apôtres dans sa propre langue ».  Que cela ressemble au bouleversant phénomène d’aujourd’hui!  Des langues si différentes, des groupes si disparates, des attitudes souvent si opposées, et pourtant ce serait là l’oeuvre d’un seul Esprit?

Auparavant, je voyais la Pentecôte comme le retour à l’unité de tous ces dispersements, de toutes ces divergences.  Ne chantons-nous pas : « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul Dieu et Père »?

Ce n’est pas que tout cela soit faux, mais je suis aujourd’hui enclin à me placer du point de vue des spectateurs.  N’est-ce pas tous, chacun dans sa langue, que les gens comprennent le Bonne Nouvelle de Jésus Ressuscité?  Voici que je ne m’étonne plus, je m’en réjouis au contraire, de voir dans notre Église, et je devrais dire dans nos Églises, cette floraison de l’Esprit.

Cela fait parfois mal de voir des attitudes si différentes, parfois même jusqu’à me heurter et contester mes propres habitudes.  Mais ne pourrait-on voir dans ce phénomène une Pentecôte toujours vivante au coeur de l’homme d’aujourd’hui?

Bien sûr, le chemin est parsemé de faux pas, d’interprétations erronées.  C’est pourtant ces hommes et ces femmes limités que nous sommes, mais aussi de vrais hommes et de vraies femmes, qui forment les mains, les bras, la tête, les jambes de l’Esprit qui bâtit aujourd’hui son Royaume.

C’est un geste peut-être bien minime que je pose, mais je ne le fais pas seul.  Les uns défrichent, d’autres plantent, d’autres émondent, d’autres arrosent ou récoltent, mais tous travaillent à une même oeuvre sous la mouvance d’un même Esprit.

Ce n’est qu’à plusieurs, en Église, que nous pouvons rendre fructueuse la richesse de Dieu manifestée en Jésus et vécue dans ’Esprit.

 

André Castonguay, ptre curé

 

        Retour à la liste des billets          Retour à l'accueil