Fabriqué par Raymnond Paris

Réflexions et billets


Une brèche sur la vie

"Elles sortirent et s'enfuirent du tombeau, parce qu'elles étaient toutes tremblantes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur". (Mc 16,8) C'est ainsi que se termine l'Évangile de la veillée pascale. Elles s'attendaient à trouver un tombeau fermé, elles trouvent un tombeau ouvert. Elles s'attendaient à trouver la mort, elles trouvent la vie. Et elles ont peur.

Il n'est pas toujours facile de voir une brèche dans la souffrance et la mort. Il n'est pas toujours facile de prendre le chemin de la vie et de la résurrection. La souffrance et la mort côtoient notre vie, empruntent nos chemins. Elles nous sont familières.

Aussi, notre regard se porte plus facilement vers la souffrance que vers la brèche par laquelle la vie est en train de naître. Le vendredi saint, au téléjournal, nous voyons souvent des personnes se faire crucifier aux Philippines. C'est là une coutume fort populaire. Ce soir, demain, est-ce que je verrai quelqu'un me témoigner d'une brèche opérée dans sa vie, à cause de sa foi dans le Christ Jésus? Nous sommes plus portés à regarder le vendredi saint que le matin de Pâques. Pourtant, le vendredi saint n'aurait aucun sens s'il n'y avait pas de dimanche de la résurrection. "Si le Christ n'est pas ressuscité, nous dit s. Paul, notre foi est vaine".

Pâques, c'est le tombeau vide, c'est une place ouverte sur la vie. Pâques, c'est un chemin vers la vie. Pâques, c'est une alliance de vie entre Dieu et nous en Jésus Christ. Dieu s'engage à faire surgir la vie là où l'on ne l'attendrait plus. Il s'engage à faire une brèche dans tous ces murs dans lesquels notre péché et nos limites humaines nous ont enfermés. Dieu s'engage à faire porter fruit à nos efforts de paix, d'unit et d'amour.

Par nos propres forces seulement, nos chemins risquent de se buter sur la pierre d'un tombeau fermé, sur une vie habitée par la haine et la mort. En Jésus, Dieu nous donne la force d'ouvrir sur nos chemins les tombeaux qui enferment nos frères et soeurs souffrants. En Jésus, Dieu nous donne la force de faire jaillir dans le coeur de nos frères et de nos soeurs l'espérance et l'amour. Comme croyants et croyantes, nous sommes des personnes résolument porteuses d'espérance et de vie.

Quand nous venons à la rencontre du Christ, comme à l'occasion des célébrations de Pâques, nous sommes souvent, comme les femmes de l'Évangile venues au tombeau de Jésus, habités par nos angoisses, nos souffrances et nos peurs.

Quand nous repartirons, serons-nous habités par la peur? Non. Nous repartirons habités, poussés même, par la vie et l'amour du Christ.

Nous repartirons plus convaincus de la rsurrection du Christ et de la nôtre. Nous repartirons en devenant davantage capables de discerner, de voir et de cultiver la résurrection du Christ dans notre propre vie et dans celle des autres.

Dieu a fait alliance avec nous. Il nous invite à faire alliance avec les personnes qui nous entourent.

Soyons des personnes dont le regard porte plus loin que la souffrance ou les limites humaines.

Soyons des gens d'espérance qui n'ont pas peur de s'engager avec d'autres au long travail d'enfantement de la vie et de l'amour.

Pâques veut dire passage : passage de la mort à la vie.

Nous croyons au Christ Jésus.

Nous sommes des gens de passage, de passage de la mort à la vie.

Dans nos familles, dans nos milieux de travail et nos milieux sociaux, dans notre communauté chrétienne, soyons des gens de passage, des gens de Pâques.

Soyons des gens qui croient à la résurrection du Christ. Avec lui, travaillons à accomplir partout des passages de la mort à la vie.

Nous sommes venus rencontrer le Christ.

Nous repartirons convaincus que le Christ est vivant avec nous.

Nous repartirons habités par la joie que nous donne son amour et habités par la force que nous donne sa vie.

Dans le tombeau vide, un homme vêtu de blanc s'adressa aux femmes venues embaumer le corps de Jésus : "Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié? Il est ressuscité. Maintenant dites à ses disciples qu'il vous précède en Galilée".

Aujourd'hui, quand vous repartirez de cette célébration, n'ayez pas peur.

Ouvrez votre coeur, vos yeux, vos bras; prenez la route avec vos frères et vos soeurs, spécialement ceux et celles qui ont le plus soif d'espérance, de vie et d'amour.

Là, sur toutes vos routes, vous le verrez comme il vous l'a dit.

 

André Castonguay, ptre curé

 

 

        Retour à la liste des billets          Retour à l'accueil