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Réflexions et billets


Semer pour récolter

Une paroisse, c’est d’abord une communauté de personnes qui croient en Jésus-Christ, qui croient en la vie, qui croient en l’amour, qui croient en la dignité de toute personne quelle qu’elle soit, qui sont porteurs d’espérance pour notre monde d’aujourd’hui.  Nous sommes en Jésus-Christ héritiers et héritières d’une Bonne Nouvelle.  Et cette Bonne Nouvelle, nous voulons la proposer aux gens d’aujourd’hui pour qu’elle s’enracine en eux et en elles et porte dans leur vie de nombreux fruits.

Mais pour récolter des fruits d’amour, de solidarité, d’espérance, de courage, de force de vie, il faut d’abord semer.  Habités de l’Esprit de Jésus, nous semons avec lui.  Nous croyons que, encore plus aujourd’hui qu’hier, les gens ont faim et soif de sens à leur vie, qu’ils ont faim et soif de spiritualité.

Notre pastorale consiste à rejoindre les gens là où ils sont pour les accompagner dans cette recherche de sens et dans la découverte de Jésus-Christ au coeur de leur vie.  Notre pastorale prend de nouveaux visages adaptés à nos milieux et aux personnes à qui nous nous adressons.

 

Quand les gens pensent pastorale, ils pensent souvent aux sacrements : la pratique dominicale, le baptême, le pardon, la confirmation, le mariage, les funérailles.  Ce sont là de grands moments de notre vie, mais ce ne sont pas les seuls.

La pastorale se vit souvent dans du partage d’expériences vécues, qu’elles soient heureuses ou malheureuses.  Tantôt ce sont des actions auprès des familles; tantôt, auprès des enfants et des jeunes; en d’autres occasions, c’est d’accompagner des ados dans leurs orientations; d’autres fois encore, il s’agit d’accompagner des couples dans l’épanouissement de leur amour; parfois, des personnes éprouvées ou malades requièrent notre présence et notre réconfort; ou encore, ce sont des aînés qui ne se comprennent plus dans le monde d’aujourd’hui.

De plus en plus d’adultes, après un temps de distance face à la foi, demandent à mieux connaître Jésus-Christ.  Souvent cela se présente après avoir cherché ailleurs, mais n’ayant pas trouvé réponse à leurs questionnements, ils reviennent frapper à notre porte.  Ils sont de plus en plus nombreux les ados et les adultes demandant d’être baptisés ou confirmés.  L’approche est nécessairement différente de celle déployée pour les enfants.

Il y a aussi, avec le retrait de l’enseignement religieux à l’école, tout ce volet de la catéchèse aux enfants.  Et à l’autre bout de la vie, les aînés étant dans notre milieu québécois de plus en plus nombreux, la mise en place d’une pastorale qui leur est adaptée devient nécessaire.  Le counseling pastoral fait maintenant partie de notre accueil de personnes vivant toutes sortes de blessures intérieures et de blessures du coeur.  La liste pourrait se poursuivre encore.  Autrement dit, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, la pastorale est loin de se confiner à la célébration de la messe et des sacrements.

Pour réaliser cette mission, nous formons une équipe.  Cela aussi est nouveau.  Le prêtre n’est pas seul à porter la mission.  Plein de gens sont impliqués dans les différents volets de la pastorale.  Des agentes et des agents de pastorale, ayant un mandat de l'évêque, partagent la responsabilité de cette communauté qui leur est confiée.  La participation des laïcs n’est pas accessoire.  Elle n’est pas non plus une suppléance au manque de prêtre.  Les laïcs, de plus en plus formés, ont leur vocation propre et une originalité irremplaçable.  C’est ensemble, prêtres, diacres, religieux, religieuses et laïcs que nous semons la Bonne Nouvelle à la suite de Jésus.

Parmi tous les défis actuels, celui des catéchèses offertes aux enfants prend une place prépondérante.  D’ici deux ans, il n’y aura plus aucun enseignement religieux confessionnel dans les écoles du Québec.  Les paroisses doivent prendre la relève.  Cela implique des locaux, du matériel pédagogique, la formation de catéchètes, l’engagement d’agentes et d’agents de pastorale, toute une infrastructure et un aménagement des horaires qui doit composer avec une foule de sollicitations reçues par les parents et les enfants.  La catéchèse représente l’un des gros investissements en ressources humaines, matérielles et financières.  Ce dossier ira certainement en s’accentuant.

L’action pastorale a besoin de généreuses ressources pour pouvoir se réaliser.  Ces ressources sont d’abord humaines.  Mais elles sont aussi matérielles et financières.  C’est pourquoi nous faisons appel aux paroissiens et paroissiennes pour soutenir financièrement cette action pastorale aux mille visages.

Nous ne pouvons plus penser la pastorale comme avant.  Nous ne pouvons plus penser soutenir cette pastorale de la même manière qu’autrefois.  Chaque contribution humaine et financière, si minime soit-elle est appréciée.  Nous savons par expérience, qu’une petite semence peut donner naissance à un grand arbre et porter de nombreux fruits.  Le champ de blés dorés que nous admirons est le résultat de milliers de petites semences.  Si chaque grain de blé se disait qu’il est petit et n’a pas d’importance, jamais nous n’aurions la joie de la récolte en abondance.

Chaque personne engagée en pastorale sème humblement mais avec la conviction d’être des ouvrières et des ouvriers au service des autres et de la vie.  Nous portons en nous cette conviction et cette espérance si bien exprimées par l’apôtre Paul:

 Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui faisait croître.  Ainsi celui qui plante n’est rien, celui qui arrose n’est rien : Dieu seul compte, lui qui fait croître.  Celui qui plante et celui qui arrose, c’est tout un... Car nous travaillons ensemble à l’oeuvre de Dieu et vous êtes le champ que Dieu cultive, la maison qu’il construit.  (1 Cor 3, 6-9)

André Castonguay, ptre curé 

 

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