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Réflexions et billets


Quand refleurit le pardon

     Aujourd'hui, Seigneur, je veux te prier, toi qui a emprunté nos chemins. Dans la course folle de ma vie, je prends quelques minutes pour t'interroger, pour te regarder agir.

     Ce que tu as fait Seigneur est pour moi une interpellation à dépasser mes limites, à porter plus loin mon espérance. Ce que tu as fait Seigneur, c'est de me choisir pour être de ton peuple, c'est d'être l'un d'entre nous, de partager nos doutes et nos tentations.  Tu as choisi de te mettre à notre service alors que nous, nous ne pensons qu'à mettre les autres à notre propre service. Où sont multipliées la haine et les offenses, tu as choisi de faire fleurir ton amour et ton pardon, voilà ce que tu as fait à ton peuple Seigneur.

     Ce que tu as fait Seigneur, c'est d'apporter une lumière nouvelle sur nos vies.  Tu as choisi de transfigurer nos vies alors que nous, nous ne cessons de défigurer ton peuple. Tu as choisi d'être lumière sur nos pas mais, nous l'avons souvent refusée de peur de reconnaître tous nos faux pas.

     Quelle sorte de Dieu es-tu Seigneur pour choisir de vaincre nos peurs par la seule force de ta lumière?

     Ce que tu as fait Seigneur, c'est de prendre patience avec nous. Tu as refusé de croire que ton peuple n'était plus un peuple. D'avance, tu voyais des pousses nouvelles percer dans ton peuple, d'avance, tu voyais grandir un jardin plantureux.  Alors que nous, nous nous empressons de couper autour de nous ce qui nous apparaît comme un fardeau, pour toi, un an est comme un jour alors que pour nous, un jour est déj trop long.

     Quelle sorte de Dieu es-tu Seigneur pour croire encore en nous, pour croire que des fruits peuvent pousser là où nous ne voyons que sécheresse?

     Ce que tu as fait Seigneur est d'ouvrir tes bras à tes fils et tes filles, c'est de retrousser tes manches et de festoyer pour ton fils revenu à la vie. Ton coeur était la fête, tu ne te souvenais plus des péchés d'autrefois, tu aurais voulu que ton peuple puisse partager ta joie.  Mais pour nous, justice et pardon ne vont pas de pair, nous croyons qu'il est trop facile de passer l'éponge sur l'infidélité et d'oublier un travail acharné.

     Quelle sorte de Dieu es-tu Seigneur pour croire qu'il n'y a pas de justice entière sans pardon, pour croire que toute fête commence par des bras ouverts?

     Ce que tu as fait Seigneur, c'est d'inviter ton peuple à prendre avec toi le chemin de la vie. Tu n'as pas voulu juger nos morts mais, y apporter le dynamisme de ta vie. Tu as voulu faire couler dans nos veines une force nouvelle, un esprit nouveau capables de nous faire vaincre toutes nos embûches et toutes nos morts. 

     Mais nous, nous avons encore peur des cailloux sur le chemin, nous avons peur de nous écorcher les genoux, nos regards sont impuissants à voir la résurrection de Pâques au-delà des souffrances et de la mort.

André Castonguay, ptre curé

 

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