Fabriqué par Raymnond Paris

Réflexions et billets


Le feu sous la cendre

     Comme beaucoup d’autres, j’ai chauffé le foyer lors de la célèbre  tempête du verglas au Québec.  Le soir, avant le coucher, je faisais une bonne attisée.  Mais le matin, plus rien n’y paraissait.  Il n’y avait plus de bois, plus de flammes, rien, sauf une épaisse couche de cendre.  Du moins, c’est ce qui paraissait.  En fait, le feu couvait sous la cendre.  L’ajout d’une couple de bûches, le brassage de la cendre faisait venir à la surface des tisons capables d’enflammer les bûches.

    Notre vie de foi ressemble souvent à ce feu qui couve sous la cendre.  Nous avons la foi mais, le temps et la routine font que la cendre s’accumule et que notre foi semble bien morte. Cela me rappelle cet appel que l’apôtre Paul adresse à son ami Timothée à qui, avec sa famille, il a transmis la foi : « Je te rappelle d’avoir à raviver le don de Dieu qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains » (2 Tm 1,6).  Cela me rappelle aussi la comparaison que Paul utilise en écrivant aux Corinthiens : « Tous les athlètes s’imposent une ascèse rigoureuse; eux, c’est pour une couronne périssable, nous, pour une couronne impérissable » (1 Co 9,25).

     L’exemple des athlètes, nous pouvons, nous aussi, nous mettre ou remettre en bonne forme physique et spirituelle.  Il y a un feu qui couve sous la cendre accumulée sur notre vie et notre foi.  Le temps du carême, qui commence, est une bonne occasion de nous entraîner pour nous remettre en forme spirituellement.  En laissant de l’espace et du temps pour la prière, pour la lecture de la Parole de Dieu, pour l’apprentissage avec d’autres de la fraternité et de l’amour, pour l’engagement social envers les plus démunis de toutes sortes, je ferai jaillir à nouveau le feu qui couve sous la cendre.  Comme pour nos athlètes, cet entraînement nous rendra meilleurs et rejaillira sur tout notre entourage.  Que la cendre accumulée sur notre foi ne nous décourage pas mais, qu’elle soit une invitation à redécouvrir le feu qui s’y cache.

André Castonguay, ptre curé

 

        Retour à la liste des billets          Retour à l'accueil