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Réflexions et billets


La vie en rose

            Elle s’habillait régulièrement de rose.  Cependant, sa vie fut loin d’être toute en rose.  Elle « soufrait de dyslexie, d’asthme et de scoliose.  Ça n’a jamais été facile pour elle, mais elle a toujours fait face et a réussi à vaincre les obstacles. »   C’est ainsi que Louise et Nelson De Sousa ont décrit leur fille Anastasia assassinée au collège Dawson.

             Le rose qu’elle portait exprimait l’espérance qui l’animait et sa volonté de construire un avenir en lumière pour elle et pour les autres. « Anastasia est connue désormais dans le monde entier comme l’ange rose de Dawson.  Elle est aussi notre ange rose à nous », explique Mme De Sousa.

             Ce témoignage, vu à la télévision et lu dans les journaux, est très touchant.  C’est une leçon de courage et d’espérance.  Il est de nature à aider d’autres parents et aussi d’autres jeunes qui traversent de dures épreuves.

             Il est par contre très troublant de voir et de lire le même jour un reportage sur la sortie d’un nouveau jeu vidéo ultraviolent destiné aux jeunes de 13 ans et plus.  Ce nouveau jeu, Bully, prend l’école comme champ de bataille.  Le héros du jeu a droit à toutes les violences pour faire sa place dans l’école et pour séduire les filles.

             Alors que toutes les écoles tentent d’éliminer la violence, voici que ce jeu devient le quotidien des jeunes.  Alors que se multiplient les drames dans les écoles, ce jeu est toléré.  C’est un jeu semblable, concernant le drame de Columbine, que l’assaillant de Dawson affectionnait particulièrement.

             Suite aux événements qui ont emporté sa soeur Anastasia dans la mort, son jeune frère Nicolas a, de son côté, décidé de ranger ses jeux plus violents.  De plus, des pressions visent à obliger l’enregistrement des armes à feu et à en restreindre l’utilisation.  L’enregistrement à lui seul n’empêchera pas des malheurs comme à Dawson.  L’arme qui y a été utilisée était bien enregistrée.

             L’action la plus importante se trouve, il me semble, du côté des mentalités.  Notre monde, à tous les niveaux, dans tous les secteurs d’activité, est de plus en plus habité par la violence.  La violence est montrée comme la solution à ses problèmes.  En réalité, elle en est plutôt la source et le catalyseur.

 

             De voir le même jour le témoignage de M. Et Mme De Sousa et la sortie de ce vidéo ultraviolent promu auprès des jeunes m’amènent beaucoup de questions.  Cela exige une réflexion beaucoup plus large que celle portant sur l’enregistrement des armes.  Que  semons-nous et que cultivons-nous dans les esprits et les coeurs?

             Merci à M. et Mme De Sousa qui, je crois, nous éclairent dans la bonne direction.

André Castonguay, ptre curé

 

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