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Réflexions et billets


La fierté a un visage

Nous fêtons deux fêtes nationales de suite : celle du Québec et celle du Canada.  On peut s’identifier à l’une ou l’autre ou l’une contre l’autre ou aux deux.  On peut se sentir mal reconnu dans son identité.  Le fait de ne pas être reconnus pour ce que nous sommes, avec notre identité propre, peut susciter déception et frustration.  Mais le fait de ne pas être reconnus ne changera jamais rien à ce que nous sommes.  Le plus grand perdant sera toujours celui qui refuse d’accepter l’autre avec sa différence.  Pour nous, dans le respect les uns des autres, soyons fiers de ce que nous sommes, de notre culture, de nos racines.  Une juste fierté a toujours sa place.  C’est là reconnaître ce que nous sommes et ce que nous sommes appelés à devenir, à bâtir ensemble.

Nous avons une double constitution, une double citoyenneté, une double patrie.  Nous nous donnons une constitution politique.  Nous recevons aussi une constitution qui englobe toute notre vie, qui lui donne sens, qui règle toutes nos relations les uns avec les autres : celle-ci nous vient de notre foi dans le Christ.

Nos ancêtres dans la foi cherchaient une patrie, une terre promise.  Beaucoup ont marché sans la trouver.  Mais ils ont pris conscience qu’ils étaient citoyens d’une autre patrie.  « Ils sont à la recherche d’une patrie... en fait, c’est à une patrie meilleure qu’ils aspirent, à une patrie céleste. » He 11, 14.16

Tous ne partagent pas notre foi dans le Christ ni notre vision du monde.  Cela ne change rien à ce que nous sommes.  Soyons fiers de notre qualité de chrétiens et chrétiennes.  Nous sommes habités par une vie qui nous vient de Dieu, qui transforme notre vision du monde dans lequel nous évoluons, qui nous y engage, qui oriente notre façon d’être avec les autres, qui nous donne dynamisme et espérance.

Parfois, j’ai l’impression que certains chrétiens et chrétiennes, sans doute parce qu’ils se sentent non compris ou confrontés dans leur foi, agissent comme s’ils n’avaient pas la foi ou n’osent pas l’afficher.  Avec saint Paul, puissions-nous dire : « Car je n’ai pas honte de l’Évangile : il est puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit ». Rm 1, 16

Durant les fêtes nationales que nous vivons, nous exprimons notre fierté nationaliste.  Cette fierté a un visage, le nôtre.  Ravivons aussi notre fierté de chrétiens et chrétiennes.  Puisse notre fierté de chrétiens et chrétiennes avoir aussi un visage, le nôtre, une fierté qui le rende joyeux et visible.

 

André Castonguay, ptre curé

 

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