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Réflexions et billets


J'ai le goût d'une bonne nouvelle

Ces jours-ci, je sens l'esprit des fêtes m'envahir. J'ai le coeur sur la main; la fête circule déjà dans mes veines, je m'agite de plus en plus à l'approche de Noël; je sens monter en moi de nouveaux élans de générosité, de pardon, de partage et d'amour; pour moi qui chante peu, je me surprends à fredonner ce chant : " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu'il aime! "

 En même temps que je sens monter en moi ces élans de générosité, je ne puis m'empêcher de penser à tous ces pauvres que Jésus a invités à la fête en s'identifiant à eux dès sa naissance. Sous de multiples facettes je vois cette pauvreté autour de moi : pauvreté de celui qui est seul; pauvreté du malade; pauvreté du sans travail; pauvreté de celui qui est affligé d'une grande peine.

 La voix de ce pauvre s'entremêle à mes sentiments d'amour et de joie et me laisse songeur.  " Sais-tu, me dit-il, ce que signifie fêter pour moi? Je dois attendre des autres ce dont j'ai besoin pour faire la fête. J'ai l'impression de quêter une présence, un geste, un soutien financier. Bien que j'en aie besoin, j'ai parfois mal de tes gestes maladroits ou passagers. Je constate qu'il doit y avoir plus de joie à donner qu'à recevoir, à visiter qu'à être visité..."

 J'entends ces voix du pauvre en moi et j'ai mal moi aussi. J'ai mal de ne pas savoir aimer mes frères; j'ai mal de ne pas trop savoir comment faire parvenir aux oreilles de mes frères une bonne nouvelle; j'ai mal de savoir qu'il semble y avoir tant d'avenir prometteur pour moi et si peu pour eux.

J'ai le goût aujourd'hui que Noël qui approche déteigne sur les autres jours de l'année. J'ai le goût que mes élans d'amour et de justice ne s'éteignent pas avec la grisaille des fêtes. J'ai le goût que la bonne nouvelle de la naissance de Jésus parvienne enfin aux oreilles du pauvre.

André Castonguay, ptre curé

 

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