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ZACHÉE, UNE RÉFÉRENCE DE NOTRE TEMPS

Luc 19,1-10

Quand des personnes bien connues font des déplacements, cela ne passe pas souvent inaperçu. Pensons à ces chefs d’État, ces rois, ces premiers ministres… Les uns se contentent de saluer le peuple sans faire une halte, bien installés dans leurs voitures blindées, sans doute pour éviter qu’on leur jette des tomates, des œufs ou des chaussures; les autres, plus charismatiques, se font des bains de foule afin d’être plus proches de la population curieuse, fanatique mais aussi assoiffée de bonheur et d’avenir meilleur.

 

Quand Jésus traverse Jéricho,  il y a dans la foule ce petit bonhomme, Zachée, un chef qui ne manque pas d’argent, mais qui veut voir qui est celui qui l’attire en même temps que les foules. Il reçoit de lui un appel stupéfiant qui surprend la foule  qui lui bloquait le chemin : « Il faut que j’aille demeurer chez toi ». Désormais, la demeure de Dieu sera le cœur de l’homme  (Jn 4,21-24). Le Christ, Dieu, se déplace pour venir nous habiter. Il va manger et loger chez un pécheur, et les bien-pensants s’en indignent, car ils ne comprennent pas que le Christ est d’abord venu vers les pécheurs. Pour la première fois, le collecteur des impôts n’est pas regardé avec mépris, mais il est regardé avec amour. Touché par la générosité et la prodigalité du Seigneur, il décide de procurer aux autres la même surprise et la même joie : « Je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens ». C’est vraisemblablement dépasser ses capacités.

 

Nous voici invités, qui que nous soyons, à nous projeter dans le personnage de Zachée, en donnant priorité au désir de connaître le Christ parce que Lui se déplace pour nous rencontrer, et, en courant vers lui, prendre en charge les plus démunis et nous demander si nous n’avons pas de dettes cachées envers bien d’autres. Mais l’essentiel reste notre accueil, l’ouverture de nos portes pour que Jésus puisse venir habiter chez nous. C’est, par exemple, à travers des gens que nous aurions souvent envie d’ignorer, comme les prisonniers et les immigrants, les personnes seules, les délinquants, les dépendants en tous genres. Beaucoup de chrétiens se dévouent ainsi pour faire retentir l’appel que Jésus lançait autrefois à Zachée. Prendre parti pour ceux qui se sentent perdus, et leur donner du prix à nos yeux est un devoir chrétien. Dieu ne se laisse pas conditionner par nos préjugés humains.

 

Il n’y a pas donc pas d’autres chemins que l’amour de l’autre pour faire naître à une vie nouvelle l’humanité enfermée dans ses illusions mortelles de recherche de pouvoir et d’accumulation de richesses.

 

Valentin  Malundama

SCG 7 novembre 2010