Fabriqué par Raymnond Paris

 

                                                                                                      S. Jean 11,3-7. 17,20-27, 34-45

 

Dieu est-il en retard sur nos demandes de guérison, nos besoins criants de salut? On a beau prier : il ne se passe rien. Et pourtant. Pour Dieu, il n’est jamais trop tard. Que savons-nous de ce qui est bien pour nous et pour ceux qu’on aime? Il faut lire le récit de la résurrection de Lazare en nous rappelant bien d’autres messages de Jésus. Pourquoi vous inquiéter? Que votre cœur cesse de se troubler…Je prends soin de mes brebis…personne ne peut les faire périr.

 

Lazare est bien mort. Et la mise en scène est construite pour nous faire comprendre que Dieu ne veut pas la mort, qu’il est capable de ressusciter les morts. Il faut croire en lui, en son amour, en sa vie. Nous ne nous laissons pas terrasser par la mort, nous ne nous laissons pas écraser par la mort.

 

Nous ne craignons pas la mort. Au contraire, la mort n’est pas un échec, mais un aboutissement et, en un certain sens, la plus importante réussite de la vie humaine. Éric-Emmanuel Schmitt écrit : «Notre disparition, nous privant de toute possibilité de souffrance, doit être attendue comme une béatitude. C’est d’ailleurs le seul moyen d’être sage : envisager la mort comme une fête».  C’est dans ce même esprit que les textes inspirés parlent de la résurrection où il n’y a plus ni larmes, ni deuils mais joie et communion intense des cœurs.

 

Les croyants vivent leur existence terrestre comme un chemin parfois difficile mais qui mène dans la lumière de l’amour. Et c’est pourquoi nous demeurons en lien fort, au-delà de l’arrêt du cœur physique, par la communion de nos cœurs aimants. On n’arrête pas d’aimer la personne qui est décédée…et nous croyons que ce regard intérieur est réciproque.

 

Il n’est jamais trop tard pour Dieu. La mort et la vie sont comme l’endroit et l’envers d’une même réalité. En pensant à la misère vécue par Jésus lui-même, nous ne demeurons pas fixés sur la tristesse de sa souffrance et de sa mort. Il y aurait de quoi! Il n’est pas mort dans des draps blancs, entourés de soins et d’attentions, mais abandonné comme un lépreux et un être répugnant. Mais l’amour de son cœur transforme cette humiliation en triomphe de la vie sur le mal qu’on lui fait, sur la lourdeur de l’injustice qu’il subit. En Lazare, nous reconnaissons nos impuissances devant la maladie et la mort, mais surtout la puissance de l’amour de Dieu qui ne nous laisse jamais tomber.    

 

Jean Desclos

SCG 17 avril 2011