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ASSAISONNER ET ÉCLAIRER : PAS IMPOSSIBLE !

                                                          S. Matthieu 5, 13-16

Dans les Béatitudes méditées le dimanche dernier, Jésus nous fait savoir le type de disciple qu’il souhaite : un homme heureux d’être pauvre, doux, miséricordieux, pur, persécuté pour sa foi... C’est généralement un modèle de bonheur  à contre-courant de la mentalité dominante. Jésus est venu justement dire ce que le monde n’aime pas souvent  entendre.

Mais si, à la lumière de la Passion, les disciples adoptent ce programme, alors, continue-t-il, ils sont sel et lumière. Le sel, il y en a beaucoup dans son pays. Ici, il ne coûte pas cher, on en consomme même trop !  Du soleil, il y en a aussi dans son pays lumineux, tout le monde en profite. Ici, nuit et jour, l’électricité ne manque pas. Si la nourriture manque de goût, si la lumière s’obscurcit, quel malheur !  L’importance vitale de ces deux acquis inspire Jésus à avertir que l’humanité a besoin aussi de chrétiens, mais qu’il y a un danger qu’un chrétien perde la saveur de Dieu et sa luminosité quand  il adopte toutes les modes et les idéologies de son milieu, et s’il se cantonne dans ses simples préoccupations individuelles.

Le chrétien, pour ne pas être «bon à rien», doit servir à quelque chose, sans dégénérer comme ce sel qui s’affadit et qu’on jette. Il donne du goût dans son milieu et l’éclaire. 

Notre époque traverse de nombreuses crises. Ceux qui portent la lumière du Christ ne peuvent être indifférents à l’avènement d’un monde plus lumineux, plus humain et divinisé. Faire face aux ténèbres du mal qui font pression, et parfois institutionnalisées, est la première tâche que Jésus confie à ses Apôtres (Mc 6,7).

La saveur de l’évangile donne réponse positive à des cris de désespoir, d’injustice, elle est ce partage avec celui qui a faim. Illuminer c’est ne pas glisser dans ce que tout le monde fait, accueillir celui qui vient de loin pour lui donner une chance, écouter  celui qui vit une profonde solitude, prier avec/pour celui qui souffre. On est un soleil pour ce paroissien avec qui on commence à fraterniser : montrer ainsi que le christianisme n’est pas  une religion privée. Parce que nous sommes reliés à Dieu, que nos gestes fassent triompher la communion et l’amour sur l’égoïsme. Qui n’aimerait pas entendre dire, de notre paroisse, que nous projetons être une «communauté-phare» pour plus de rayonnement dans l’Église locale de Sherbrooke ?

 

Valentin Malundama

SCG 13 février 2011