Fabriqué par Raymnond Paris

                                                          Jean 4,5-15, 19b-26. 39a.40-42

 

Chaque rencontre humaine peut être source d’enrichissements mutuels, dans la mesure où nous abordons l’autre avec respect, en n’oubliant jamais que nous sommes des égaux. Comme le note saint Paul, il n’y a pas de distinction entre juifs et païens, esclaves et libres, hommes et femmes : tous un dans le Christ.

 

L’histoire nous fait voir que la femme n’a pas toujours été vraiment respectée dans diverses cultures. Souvent infériorisée, quelquefois maltraitée, exclue de la vie politique et des décisions économiques, caricaturée comme un être sans intelligence et tombeuse des cœurs… Le bilan du respect de la femme demeure encore sujet à améliorations, même aujourd’hui dans nos sociétés avancées.

 

La rencontre de Jésus avec la samaritaine montre comment Jésus réagit en présence d’une femme, étrangère, hérétique, et de surcroît femme de petites mœurs. Il établit le contact, à partir des besoins physiques de base. Il est fatigué, il a soif : donne-moi à boire. Mettons-nous à la place de cette femme : il ne devrait pas lui adresser la parole; il est en infraction : un juif ne parle pas à un samaritain, encore moins à une samaritaine. Jésus l’entraîne aileurs, vers les besoins spirituels : c’est moi qui pourrais te donner à boire une eau de qualité exceptionnelle. Cette répartie suscite son étonnement, sa soif à elle : donne-moi de cette eau.

 

La conversation illustre comment Jésus veut nous rejoindre dans nos soifs de bonheur, nos soifs intérieures. Il faut, à notre tour, demander de cette eau…et penser que ce qui fait la qualité de notre vie, ce ne sont pas les gestes rituels bien faits, mais la qualité du cœur. L’eau, c’est l’Esprit. Adorer en esprit et vérité,  être sensible aux besoins profonds des autres, avec sensibilité et gratuité.

 

Notre monde a perdu la soif spirituelle. Il s’abreuve de formules faciles, gaspille le temps en toutes sortes de fantaisies, et perd la qualité de son jardin intérieur. C’est la rencontre d’une femme dont on ne connaît même pas le nom qui nous apprend beaucoup sur ce que peut faire en nos vies la présence aimante du Ressuscité, l’envoyé de Dieu. La femme sera à son tour porteuse de l’eau vive et changera le cœur des gens. Voilà un peu tracée notre mission à nous. Nous abreuver à l’eau vivre de la parole et de l’espérance du Christ et partager cette eau vive à nos semblables.

 

 

Jean Desclos

SCG 3 avril 2011

 

 

 


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