Fabriqué par Raymnond Paris

 

Luc 18, 1-8

Saint Luc écrit son évangile dans une époque où la première communauté était en crise. C’était aussi le temps des persécutions. Les chrétiens s’inquiètent et ont l’impression que la fin du monde approche. La veuve de l’évangile se bat pour l’amélioration de ses conditions de vie. Elle importune le juge inaccessible à tout arrangement, mais finalement elle obtient justice. Cette histoire nous est racontée pour nous inviter à toujours prier sans nous décourager, car Dieu est Amour sans mesures. Mais l’inquiétude du Seigneur Jésus est de se demander si notre monde aura toujours la foi en Dieu vers qui montent nos prières. Car la foi est nécessaire à nos demandes, elle est également nécessaire pour entendre la réponse de Dieu. Prier avec persévérance entretient aussi en nous la foi.

Prier est une étrange activité, car elle ressemble à du temps perdu, à une parole adressée comme dans le vide. Et pourtant nous sommes ici aujourd’hui pour prier, participer à la grande prière eucharistique. N’oublions pas de prier en d’autres moments et de différentes manières : le matin ou le soir, à genoux ou debout, assis ou en marchant, en récitant des formules ou en improvisant. Quand on a compris la nécessité de la prière, on peut ressembler à cette veuve : frapper à une porte qui ne semble jamais s’ouvrir, se poser des questions qui restent sans réponse, mais avoir confiance. Notre époque est riche en crises, en particulier au sein de l’Église, et nous sommes impatients, comme devant une distributrice, que Dieu intervienne. La tentation nous guette de sommer Dieu, si lent, de se manifester.

Si nous prions à partir de ce que nous vivons, nous supportons ou  nous constatons, ou  ce qui nous inquiète, nous afflige, nous ne devrons pas attendre à ce que Dieu réponde par des miracles. Il nous a confié l’univers et il ne vient pas remplacer le pouvoir créateur par lequel nous lui ressemblons. C’est à nous qu’il revient de faire des «miracles»; c’est à nous d’assumer les situations, même catastrophiques, dans lesquelles nous avons à exister. Voilà pourquoi la prière qui est avant tout geste d’adoration a pour but non pas de changer Dieu, mais de transformer celui qui prie. Avec la prière, il ne s’agit pas de mettre le Seigneur à notre service, mais de nous mettre à son service, en désirant son projet d’amour pour  l’humanité. Prions de manière à ce que l’Esprit nous aide à construire un monde meilleur, et gardons confiance en l’avenir. Alors, la prière c’est «une nourriture de tous les jours».

Valentin Malundama

 SCG 24 oct. 2010