Fabriqué par Raymnond Paris

 

Matthieu 1, 18-24

 

La figure de Joseph est celle d’un homme ordinaire et discret. Marie est une jeune humble servante…Jésus est né dans une famille très humble, sans prétention. Par Joseph le silencieux arrive donc celui qui est Parole de Dieu, Dieu-avec-nous. Marie l’inconnue deviendra Mère du Sauveur, et déclarée la Comblée-de-grâces. Cela nous fait voir que la présence de Dieu passe dans les personnes et les situations ordinaires de la vie.

 

Mais sa présence se manifeste également dans des situations exceptionnelles : quand tout va mal, quand nous sommes découragés et affaiblis par la maladie, angoissés et effrayés par une mort prochaine, la  nôtre ou celle d’un proche. Job l’a vécu ainsi, dans une mise en scène qui résume toutes les misères qu’un humain peut connaître. Il n’a pas décroché, mais a compris que Dieu était là, lui demandant de garder la foi et le courage. Il en sera récompensé.

 

En 2000, j’ai prêché une retraite à des moines cisterciens de Toulouse. On y parlait alors de l’assassinat de moines en Algérie, par la violence de groupes islamistes qui torturaient et décapitaient des villages entiers. Le film qui raconte leur histoire met en scène des hommes qui, jour après jour, voient leurs assassins se rapprocher de leur monastère. On les supplie de partir, de ne pas se laisser tuer. Ils auront le courage de rester, en étant fidèles à leurs engagements de servir dans la douceur et le dévouement leurs frères musulmans. Ils seront assassinés en mai 1996, en vrais martyrs de leur fidélité au Christ Crucifié, parce qu’ils croient profondément en la victoire de la Vie.

 

Cela nous provoque à réfléchir sur le sens que nous donnons à notre espérance, nos rêves de bonheur, en préparant notre dernier Noël, notre naissance en Dieu, en désirant cette paix définitive en Dieu, dans son ciel, où ce sera Noël pour toujours. Nos rêves de paix prennent du sens, au quotidien, par nos gestes ordinaires de réconciliation, d’accueil, de patience, de service humble, de décision de ne pas écraser les autres, de faire la justice et le partage. Et quand nos rêves de bonheur sont mis à l’épreuve dans des situations difficiles, il faut savoir regarder en avant, au-delà de nos pleurs et de nos peurs, et voir le visage du Ressuscité qui nous offre sa lumière et sa joie.

 

Jean Desclos

SCG 26 déc. 2010