Fabriqué par Raymnond Paris

 

                                                                        Matthieu 5,20-22a.27-28.33-34a.37

 

Le réflexe de beaucoup de gens religieux est de chercher une inspiration apaisante, qui nous évite des problèmes et des efforts. Une partie de nous-mêmes est attirée par les solutions magiques, les miracles d’un Dieu paternaliste qui fait tout à notre place. Pourtant, les béatitudes proclamées par Jésus en saint Mathieu n’annoncent pas le bonheur dans l’assiette dorée de la facilité. Tu veux être heureux? Sois détaché de toi, pauvre de tes certitudes, de tes idées arrêtées. Sois patient et doux, et non pas revanchard et violent. Sois sensible de cœur et capable de pleurer. Sois honnête et transparent, sans tricher, cohérent. Sois décidé à pardonner, à chercher le bien, à te rendre malade pour le bonheur des autres, à mettre ta vie en péril pour le bonheur des autres.

 

En somme, la foi chrétienne nous amène ailleurs que dans le confort qui nous est vendu à grand prix aujourd’hui. Et c’est dérangeant. Pas étonnant que les chrétiens soient minoritaires, et que les gens regardent ailleurs pour trouver des satisfactions bonbons. À ce titre,  nous constatons que croire en Dieu et afficher sa foi, son appartenance religieuse, devient  une conduite à risque : à risque d’être ridiculisé, à risque d’être exclus, voire stigmatisé comme dépassé. La discrimination ne se vit pas seulement dans le territoire des races et des cultures, mais dans le profil religieux que l’on exprime en société. Et alors, quand on prend son engagement chrétien au sérieux, il faut du courage pour être et vivre autrement que ce que tout le monde pense, dit et vit.

 

Le message de Jésus est une invitation à penser et à vivre autrement. Le voici prêchant  à l’encontre des mœurs et des habitudes héritées de la culture inspirée par la Torah. Vous avez appris que… moi je vous dis… Je vous invite à penser autrement, à changer de regard sur la conduite correcte. Le prophète Jésus invite à contester les valeurs de facilité, de richesse, de première place, de célébrité, de pouvoir, de plaisir.  Penser autrement, également, notre vie en Église, notre vie en paroisse. Nous avons été modelés par une organisation trop cléricale, centrée sur le seul prêtre, si bien que nous décidons de la vie et de la mort d’une communauté chrétienne en fonction de la présence ou de l’absence d’un prêtre.

 

Nous avons à penser autrement, ici, pour que notre communauté soit imprégnée de cette inspiration évangélique et fasse croître la foi dans le cœur de ses membres et rende témoignage de la présence du Crucifié-Ressuscité en notre monde. Il faut avoir le courage de penser et de vivre autrement, en retrouvant le sens profond de ce que nous sommes, au regard de Dieu, et de ce que le Christ Jésus attend de nous, concrètement, pour aider le monde à être heureux.

 

Jean Desclos

SCG 20 février 2011