Fabriqué par Raymnond Paris

Luc 16, 19-31

L’histoire du riche et de Lazare illustre la béatitude et la menace de Lc 6, v. 20 (Heureux vous qui êtes pauvres…) et v. 24 (Mais malheur à vous, les riches…). Elle illustre aussi celle du gérant malhonnête, où Jésus juge peu habiles les fils de la lumière : ceux qui ont la foi et de quoi vivre agissent moins que ceux qui vivent dans les ténèbres. Le reproche fait au riche ici, ce n’est pas d’être riche, ou de faire bombance, mais de n’avoir pas partagé ses biens. Il est inadmissible qu’il n’ait pas remarqué Lazare devant son portail.
Dans sa prison dorée, le riche est devenu aveugle aux besoins de son frère en humanité, et sourd aux appels de Dieu à la compassion la plus élémentaire. Il s’était fait un faux paradis. Mais son attitude ne signifie pas que les riches sont damnés d’avance !

 

Dans l’esprit de Jésus, c’est aujourd’hui même qu’il faut penser mettre les nécessiteux en tête de ses listes d’invitation. L’«abîme infranchissable» renvoie à l’urgence de la conversion : après la mort il sera trop tard pour se faire des amis avec les avoirs accumulés qui, à eux seuls, ne suffisent pas nous rendre heureux. Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir.

 

Dans un monde de plus en plus petit, personne ne pourra dire aujourd’hui qu’il ne savait rien : les médias nous rapportent, en plus de ce que nous voyons plus près de nous, l’état de notre planète, ses drames, ses dysfonctionnements, et le fossé croissant entre riches de plus en plus riches et pauvres de plus en plus pauvres. Telle est la réalité de notre monde.

 

C’est une chance pour nous de répondre généreusement aux sollicitations de nombreux organismes qui travaillent en faveur de ceux qui sont plus démunis que nous. Vivre les yeux grands ouverts aux besoins des autres, c’est être de bons riches pauvres de cœur ou de vrais pauvres riches en ce monde où le Royaume de Dieu se vit déjà.

 

En somme, cette parabole nous dit deux choses : la première c'est que Dieu aime les pauvres et les relève après leur humiliation ; la seconde, c'est que notre destin éternel est conditionné par notre attitude. C'est à nous de suivre la voie que Dieu nous a montrée pour arriver à la vie, et cette voie c'est l'amour, non pas entendu comme sentiment, mais comme un service aux autres, dans la charité du Christ.

 

Valentin Malundama

 

 

SCG  3 oct. 2010