Fabriqué par Raymnond Paris

Jean 10, 1-10

 Des guides, il y en a même dans le monde animal où la vie s’organise souvent en bandes. Des intrus ou des mercenaires, pour agresser ou pour tuer, il y en aura toujours même dans les groupes humains où les leaders sont tantôt vaillants tantôt lâches. Jésus a reproché aux pharisiens leur aveuglement. À l’encontre de ces guides voleurs et brigands, il se donne le titre du vrai berger. Puis, comme ils ne comprennent pas, il utilise celle de la porte.

 

Si, par la vraie porte, il est venu dans l’enclos qui nous retenait prisonniers de nos servitudes, c’est pour nous aider à franchir les portes de la mort, nous ouvrir la porte pour nous faire sortir et recevoir la vie en plénitude. Jésus précise qu’il est lui-même la porte. Toute issue autre que la porte pascale est illusoire. Il se fait vraie nourriture en donnant sa vie non pas à un troupeau moutonnier, mais  à des personnes uniques, qui sont connues, chacune d’elles personnellement, et qui, personnellement, écoutent la voix du berger et le suivent dans sa mission universelle. Que fait le Bon Pasteur si l’une d’elles vient à s’égarer ? Il ne le condamne pas, ne l’excommunie pas, ne l’enferme pas dans le bercail. Il la ramène affectueusement sur ses épaules vers le troupeau toujours en marche, et diversifié, appelé à vivre des expériences qui montrent que les membres écoutent la même voix, la même Parole.

 

Jésus, Roi et Pasteur de nos âmes d’une manière unique, invite les croyants et même ceux qui lui résistent, à ouvrir leur cœur à l’aventure de l’Esprit pour la vie nouvelle qui tient à l’essentiel. Car aujourd’hui encore il faut compter par milliers les faux bergers qui essaient de mettre la main sur le troupeau, de réduire les hommes au statut d’objets. Le vrai pasteur est vraiment la porte ouverte aux personnes en migration, handicapées, égarées, exploitées, au pauvre comme au riche, à l’inconnu, à celui qui est en quête de sens pour sa vie.

 

En tant que chrétiens, soyons conscients de cette mission baptismale de «portier» dans une Église avec un manque criant de prêtres, avec la fermeture de paroisses, avec le désintérêt des jeunes pour la foi. Courage, n’ayons pas peur de donner le meilleur de nous-mêmes comme Saint André Bessette qui  a été « à la porte toute sa vie ».

 

Valentin Malundama

SCG 22 mai 2011