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DE LA CHENILLE AU PAPILLON :

LA MORT VAINCUE

Luc 20, 27-38

Aux derniers dimanches de l’année liturgique, en novembre, les textes ont une saveur eschatologique. Comme la nature s’endort, chacun de nous peut réfléchir sur la mort, sur là où il va. L’évangile du jour (Lc 20, 27-38) confirme cette orientation en nous parlant de la résurrection et du Dieu des vivants. Le thème n’est pas la mort ni les représentations de l’au-delà, mais la célébration du Dieu des vivants.

 

Avec la sécularisation, les rites funéraires s’écourtent de plus en plus. Les rites de deuil, du départ et de la rupture qui cultivaient la mémoire sont remplacés par ceux de la célébration de la vie du défunt. Ce qui domine maintenant c’est la discrétion et l’éphémère : on expédie la mort …parce que vivre est plus important que mourir et parce qu’après la vie terrestre il n’y aurait rien. D’où le choix de l’incinération pour laquelle les évêques du Québec veulent une loi claire pour la disposition les cendres.

 

Les sadducéens (et ceux qui leur ressemblent) ridiculisent la croyance en la résurrection en se servant de la loi du lévirat. Cette loi repose sur une première croyance en la survie après la mort grâce aux descendants : tant qu’il y a quelqu’un pour faire mémoire de lui, l’être humain vit d’une certaine manière après sa mort.

 

Jésus ne s’inscrit pas dans cette hypothèse en faisant allusion à une vie à la manière des anges. L’«après-mort» (ou la résurrection) n’est pas la réplique identique du monde présent. Tout ce qui est mariage, progéniture, confort, plaisirs…y est dépassé. L’essentiel ici-bas n’est pas d’avoir possédé du matériel ou engendré une progéniture. Il n’est pas non plus dans le temps qui semble manquer au pèlerin terrestre. Quand on quitte sa maison pour un appartement et ensuite pour un centre d’accueil, ne distribue-t-on pas ce qui a encombré sa vie ? L’éternité ouvre au délaissement. Il faut traverser la vie pour rencontrer Dieu dont l’Amour se prolonge au-delà de la mort. Pour Lui, Abraham, Isaac et Jacob ne sont pas morts, sinon son Amour serait un échec. Nos défunts sont des vivants! La foi en la résurrection suppose un abandon total en ce Dieu non pas des cadavres, mais des vivants. La résurrection c’est entrer en Lui de sorte que toute la vie de la personne humaine soit accomplie, éternellement. Quant à la modalité de la vie après la mort, nous n’en savons rien. La création contient déjà beaucoup de mystères inexpliqués. Mais si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine (1Co15, 35).  Dans cette foi, la vie sans fin est déjà commencée : quelle bonne nouvelle ! Ayons confiance, et vivons pour un monde nouveau.

 

 

Valentin Malumdama                                       

 

 

SCG 14 nov.  2010