Fabriqué par Raymnond Paris

 

On considère les miracles de Jésus comme des anecdotes édifiantes. Dans notre foi, ils sont révélateurs de la bienveillance de Dieu pour les hommes, de son hostilité contre tout ce qui nous fait mal. Ils ne sont pas une solution à notre mal en profondeur, ce sont des signes ; ils disent autre chose que ce qu’ils donnent à voir. En ce sens  ils sont évangélisation. Toutes les guérisons ont une dimension pascale parce qu’elles signifient une victoire sur la mort en redonnant vie à quelque chose qui, en nous, était mort. Dans la guérison de l’aveugle de naissance, Jésus donne lui-même la signification du « signe »: « L’action de Dieu doit se manifester en lui (par moi) … Je suis la lumière du monde ».

 

Nous découvrons  ici la totalité de l’œuvre de Dieu en notre faveur. Sa gratuité se voit dans la guérison de cet aveugle qui n’a jamais vu Jésus et qui ne lui a rien demandé. Le miracle n’est pas non plus attribué à la foi de cet homme compté pour peu de choses. Ainsi, nous n’avons rien fait pour venir à l’existence, nous ne pouvons rien faire pour venir à la lumière et exister en vérité. Nous ne pouvons que recevoir. Pourtant, une rencontre est nécessaire pour créer l’échange, le dialogue, la relation du donner et du recevoir. D’où la visite de Jésus à ce nouveau voyant, désormais seul puisqu’il vient d’être chassé de la communauté. « Crois-tu au Fils de l’homme ? », c’est-à-dire à l’aboutissement parfait de l’humanité ? Croire en lui, c’est guérir de la cécité originelle. C’est voir clair, en vérité.

 

Un peu partout, des hommes ont réussi à trouver un chemin de vérité, mais depuis toujours certains ne savent « à quel saint se vouer », qui ou quoi adorer. Argent, succès, pouvoir, érotisme, look apparent et séduisant… tout peut servir d’idole. Mais pour qui accueille le Christ-Lumière, le chaos devient lumineux et l’œuvre de Dieu peut se manifester.

 

Nous sommes tous l’aveugle de Siloé. Paul a découvert sa propre cécité sur la route de Damas. Il nous rappelle que dans le Seigneur nous sommes devenus lumière afin de contribuer à chasser toutes ténèbres du monde. En démasquant les activités des ténèbres,  les fils de lumière que nous sommes produisent bonté, justice et vérité. En vivant ainsi, nous apprenons que nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes, que nous n’existons que par relation vraie, en nous recevant d’autrui. Autre manière de dire que nous ne voyons rien si nous refusons de bien voir les autres. Soyons des luminaires dans le monde en étant puissance de vie pour les autres. Que le temps du Carême soit l’occasion de redécouvrir la richesse et les implications de notre baptême.

 

Valentin Malundama

SCG  9-10 avril 2011