Fabriqué par Raymnond Paris

Luc 9, 11b-17

C’est au treizième siècle que fut instituée la fête du Saint Sacrement pour célébrer la présence réelle du Christ dans l’eucharistie. On donna à cette solennité le nom de Fête-Dieu. Mais est-ce nous qui fêtons Dieu? Ne serait-ce pas plutôt Dieu qui nous fête? Qui apporte le cadeau de fête, sinon Lui, le cadeau de sa présence?.

Ce qui caractérise Dieu, c’est son obsession de nous être présent. Il est le Dieu proche, Dieu avec nous, pas le Dieu lointain et inaccessible. Et le signe le plus éloquent de son ambition de nous être présent est le don de son corps et de son sang. Nos églises sont le lieu de sa présence permanente et concrète dans nos vies, dans le pain consacré.

Mais ce n’est pas sa seule manière de nous être présent. Le concile Vatican II a bien illustré ces multiples présences : il est dans la Parole, c’est encore lui qui nous parle, il est dans la communauté rassemblée, là quand deux ou trois prient ensemble, il est dans le plus petit et le plus exécrable des humains, car tout ce que nous faisons à l’un des nôtres c’est à lui que c’est fait… Présent en nous, dans nos vies et nos cœurs.

La valeur principale qui mobilise Dieu, c’est la présence….La symbolique du pain pour personnifier et rendre présent Dieu n’est pas facilement admise. Jésus lui-même est contesté quand il dit qu’il faut manger son corps et boire son sang. Les disciples vont l’abandonner… et seul Pierre dira : à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle.

Et nous, quelles sont nos valeurs porteuses, qui mobilisent nos vies? L’amour, sans doute, la famille, le bien des autres, la vérité, la confiance, le don de soi… Chacun peut se faire un petit stock de valeurs fortes qui mobilisent sa vie. C’est bon d’y réfléchir. Quand Jésus se présente comme le pain de vie, il invite à nourrir notre existence quotidienne d’une vraie faim. Dans le Notre Père, nous demandons le pain de chaque jour, et cela laisse entendre que nous demandons d’avoir faim, à chaque jour, de la bonne nourriture du cœur. Vivre de vrai pain. De la manne qui vient du ciel. De la pensée de Dieu, de la manière de vivre qu’il nous inspire.

La fête du corps du Christ rappelle que nous avons une présence permanente du Christ dans nos vies, toujours disponible, avec la petite lampe qui scintille et manifeste la disponibilité d’un écoutant, d’un aidant. Adorer signifie alors remercier et aimer ce Dieu qui n’a aucune autre prétention que de nous aimer. La Fête-Dieu est la célébration d’un Dieu qui ne cesse de nous fêter et qui nous invite à le reconnaître présent, mais également à nous rendre présent si aux autres comme Lui.

 

SCG 13 juin 2010