Fabriqué par Raymnond Paris

Au moment d’entreprendre son ambitieux travail de conversion des cœurs, Jésus vit une mise à l’épreuve qui annonce le drame pascal qu’il aura à vivre. Dans le récit de la tentation, il vit trois situations : il a faim, très faim. Lui le Fils de Dieu, pourrait tricher et changer le cours des choses à son avantage, par un tour de magie. Mais alors il renierait notre condition humaine avec ses limites et ses souffrances. Non, il doit accepter la faim, comme tous les affamés de la terre, mais surtout comme ceux qui ont faim et soif de bonté et de justice.

 

Il est seul depuis 40 jours et 40 nuits dans le désert, ignoré de tous. Comme ce serait plaisant de se faire applaudir par la foule de Jérusalem en leur démontrant sa supériorité, par un geste acrobatique. Non, il doit accepter d’être un homme ordinaire, humble serviteur, le dernier de tous, comme tant de gens qui passent leur vie entière comme d’illustres inconnus heureux d’être connus de Dieu.

 

Lui qui ambitionne de transformer ce monde et d’instaurer le Royaume de Dieu, pourra-t-il y parvenir plus facilement en pactisant avec le monde et ses idolâtries, en concédant à la facilité et au mensonge? Pas question : il doit aller jusqu’au bout de son engagement à transmettre et à vivre un amour totalement pur de tout intérêt mesquin, de toute ambition de dominer les autres.

 

Jésus ne lâche pas. Il est fidèle à son Père, et surtout fidèle à son engagement, à son incarnation en chair humaine, en proximité humaine. Le voilà donc prêt à affronter le pire : il sera massacré par des gens qu’il aide et guérit, il sera abandonné par ses propres amis, il sera crucifié comme un vulgaire esclave méprisé des gens. Mais il ne lâche pas. Il aime jusqu’au bout. Il ne succombe pas à la tentation de quitter sa croix pour se saouler des plaisirs de l’existence humaine. Quand on comprend l’enjeu de ce récit, on comprend la force de caractère et la volonté d’aimer sans se laisser distraire par la facilité ou les compromis. Le carême offre l’occasion de relancer notre vie chrétienne sur ses traces, avec courage et confiance, avec son aide.

 

Jean Desclos

SCG 20 mars 2011