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L’UNITÉ DANS LA DIVERSITÉ

Affirmer que Dieu est à la fois un et trois est propre à la foi chrétienne. Si l’Écriture sainte ne dit jamais «ils sont trois personnes» ou «Il est trois», Jésus lui-même nous parle du Père, du Fils et de l’Esprit. Dans saint Jean surtout, il affirme qu’ils sont l’un dans l’autre, chacun dans les autres. Il ne s’agit donc pas d’arithmétique ou d’association. Il s’agit d’«une seule nature divine et trois personnes». Cette formule veut dire qu’il n’y a qu’un seul Dieu, mais que le Père, le Fils, l’Esprit désignent ses dimensions diverses : dans le Fils, nous reconnaissons le Père ; dans l’action de l’Esprit, nous constatons l’œuvre du Père et du Fils. Complices tous les trois, ils forment une équipe inséparable : le Créateur, le Sauveur et l’Inspirateur travaillent à faire entrer l’humanité dans sa communion d’amour. Mystère d’amour, la Trinité a comme substance unique l’amour exprimant une proximité qui est échange, relation, richesse, passage à l’autre.

Pour exister, Dieu ne peut être solitaire. Nous pouvons ainsi découvrir qui nous sommes : non pas seulement des gens qui ont de l’intelligence, mais aussi et surtout des personnes qui se définissent en relation avec un Dieu relationnel. Nous avons à imiter la nature divine car nous n’existons qu’en relation à ce qui n’est pas nous : notre chair est constituée d’éléments végétaux et animaux, notre ADN nous vient de nos ancêtres, notre langue est un héritage, notre foi vient de l’Écriture et du Peuple de Dieu, nos connaissances nous sont transmises par les parents, les lectures, les enseignants. Et nous ne devenons nous-mêmes que par ce mouvement d’échange avec les autres, pour nous construire image et ressemblance de l’Amour divin.

Le Père, le Fils et l’Esprit sont la vraie image et la réalisation de ce que notre monde devrait devenir. Hélas, les biens du monde ne sont jamais partagés équitablement. Des pauvres et des discriminés, des unions et des familles qui se séparent il y en a encore... Les inégalités persistent parce que nous n’avons pas encore expérimenté que nous sommes Un, que le Corps du Christ, au singulier, est désormais au pluriel. Il est «assemblé» (Église) et prend sa source dans la Trinité. L’unité de Dieu n’est visible sur terre que par l’unité des hommes dans leurs différences, quand ils travaillent ensemble au bonheur de tous et de chacun.

Valentin Malundama

 SCG 6 juin 2010