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COMMENT CROIRE AUJOURD’HUI?

 

Tout nous sollicite aujourd’hui à remettre en question notre héritage chrétien : baisse de la pratique dominicale, fin de certaines croyances mises en échec par la science, guerres associées à des conflits religieux, révoltes contre le pouvoir religieux écrasant les libertés, délinquances de dirigeants religieux : tout cela jette du discrédit non seulement sur les croyants mais sur Dieu lui-même.  Les gens se posent des questions qu’ils n’osaient poser autrefois, remettent en question la résurrection, l’existence de Dieu. Comment expliquer que la vie chrétienne intéresse de moins en moins de gens? Je réfléchis souvent à ces questions. Je n’ai pas de réponse simple. Mais la parole de Jésus nous invite à réfléchir sans cesse, à reformuler de manière originale et contemporaine ce que signifie être disciple du Christ Sauveur.

D’abord, je comprends le message de Jésus comme une proposition de sens spirituel, et non comme l’élaboration d’une nouvelle religion au sens étroit du terme. Il dit : c’est en esprit et vérité qu’il faut adorer, non pas en fonction d’un lieu. Il parle d’une attitude du cœur, et non d’observances sèchement extérieures.

Ensuite, il invite à un engagement réel et exigeant, et pas seulement à des déclarations de pieuses intentions. Et cela est énormément stimulant. La principale contribution du message évangélique est de donner une âme, de proposer du sens à la vie humaine, un éclairage sur les grandes angoisses qui nous bouleversent : la maladie, la souffrance, l’injustice, le mal, la mort, la division entre les humains.

L’autre dimension de la foi chrétienne est qu’elle est porteuse de solidarité vraie entre nous. Ce qui compte, aux yeux du Dieu Trinitaire, c’est que nous arrivions à nous soutenir mutuellement, à partir de nos libertés généreuses, pour créer un monde meilleur, surtout pour les plus délaissés. D’où l’impératif de former un seul corps, avec le Christ qui en est la Tête.

Ce qui fait que les gens ont le goût de croire au Christ et de partager leur foi en Église, c’est qu’ils découvrent que la parole et la vie de Jésus sont totalement orientées vers la transmission de l’amour et de la paix de Dieu, que sa tendresse enveloppante est pour chacun, que sa bienveillance et son pardon nous bouleversent et nous incitent à imiter autant de générosité. C’est également qu’ils constatent que les croyants sont vrais, ne trichent pas, ne font pas semblant, mais sont authentiquement disciples de celui qui s’est fait serviteur souffrant. Ce qui fait que les gens ont le goût d’appartenir à une communauté, c’est le témoignage de leurs frères et sœurs, le sérieux de leur conviction, la manifestation simple et invitante de leur foi dans la prière, la présence discrète et sincère.

Jean Desclos

 

SCG  23 mai  2010