Fabriqué par Raymnond Paris

 

Luc 14, 14-25

« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à… ». Jésus parle de ceux qui ont reconnu qu’il a les paroles de la vie éternelle. Il leur explique qu’ils ne seront les disciples qu’ils désirent être qu’au moment où ils éprouveront pour lui un amour préférentiel, au moment où ils porteront leur croix comme lui.


L’Ancien Testament demandait d’aimer Dieu plus que tout. Jésus vient préciser que cet amour dépasse celui qu’on a à l’égard de la famille biologique (père, mère, femme, enfants). Cette demande formulée il y a plus de vingt siècles semble impensable. Ceux qui ont fréquenté Jésus n’ont d’ailleurs pas été bien nombreux à le suivre jusqu’au bout, au pied de la croix.

 

Comme pour réussir sa vie en société, la vie chrétienne repose sur un choix. Nos parents ont choisi de nous faire baptiser, par tradition. Ce qui n’est pas mauvais du tout. Mais notre foi adulte nous fait choisir librement la voie que le Christ ressuscité nous propose. Car le vieil homme en nous ne peut continuer à nous habiter en servant deux maîtres à la fois (Mt 6, 24). Jésus demande un renoncement total pour un attachement total à Lui; il sait bien que nous devons aimer nos proches, et que nous n’avons pas à amasser des biens terrestres pour le seul plaisir de les amasser. L’amour filial, l’amour conjugal, l’amour fraternel, l’amour des choses utiles, tout cela est sacré. Mais l’amour universel et sans frontières de Dieu, qui les traverse tous et les anime, doit encore être plus profond. Aimer comme le Seigneur Lui-même les aime ! À quoi bon aimer les siens si on ne les aime pas de l’amour dont Dieu les aime ? Ne vaut-il pas aussi la peine de mettre au service de la communauté nos propres biens ?

 

Tout cela suppose que nous renoncions à faire des idoles de notre propre vie, de nos satisfactions immédiates, et même de notre propre bonheur, mais plutôt refuser d’en devenir esclaves et choisir d’accepter de perdre pour acquérir le plus grand bien! C’est absurde de vouloir tout gagner sans rien perdre. À quoi bon protéger sa vie si on ne la livre pas au service du Royaume ? Pourquoi éviter ce qui est exigeant, alors que la Croix scelle la nouvelle alliance ? À quoi bon vivre loin du Christ puisqu’il est la Vie ? Suivre Jésus, ça ne se fait pas «tout seul». Il faut s’engager tout entier. Dieu est le premier servi.  

 

Valentin Malundama

SCG 12 sept.  2010