Fabriqué par Raymnond Paris

Jean, 1, 29 - 34

«Qui est Jésus pour vous ?» De nos jours la réponse n’est pas évidente. Certains voient en lui un petit enfant qui appelle à la fête familiale. D’autres le voient comme une sorte de prophète qui savait amuser la galerie. D’autres encore ne voient en lui qu’un bel exemple de vie humaine. Pourtant depuis des années nous nous partageons sa parole et son pain.  Dans le texte qui parle autrement de son Baptême, je propose que nous écoutions Jean-Baptiste même si nous l’avons fait durant l’Avent. Il dit ne pas avoir connu Jésus... parce que la Parole de Dieu s’est d’abord faite Écriture avant de se faire chair. En voyant l’Esprit descendre sur Jésus, il prend conscience et il témoigne fort aux désespérés que cet homme est vraiment l’élu, le Fils de Dieu, qui vient après lui, mais qui passe devant lui. Il est le passé et l’avenir, l’alpha et l’oméga. Il vient dans le monde pour en être le berger, non pour vivre de son troupeau, mais en donnant son sang, avec la force d’un agneau. Oui, Dieu Tout-Puissant passe par cette faiblesse !

En pensant à l’agneau pascal dont le sang sur les portes protégeait les Hébreux de l’extermination (Ex 12, 1-14 et 46), Jean dévoile donc Jésus comme l’Agneau de Dieu, le serviteur souffrant. Agneau parce qu’il se place du côté des victimes, ne résistera pas à ceux qui lui volent sa vie. …Qui prend sur lui le péché du monde, c’est-à-dire il dénoncera toutes les attitudes de violence et d'oppression, et toutes les conduites meurtrières de l'humanité, individuelles et collectives. Comme agneau vulnérable, maltraité, méprisé, battu, blessé, meurtri, Jésus a fait de toute sa vie une offrande à son Père, pour la vie du monde (Jn 10, 18). Tel est le mystère du Christ : souffrir à notre place, mourir et en sortir vainqueur.

À la communion, nous recevons de lui ce que nous sommes incapables de recevoir par nous-mêmes : la vie éternelle. Recevoir son Esprit, c’est mieux le connaître et nous orienter alors vers le Père. Chrétiens, nous n’existerons vraiment que par nos liens d’amour réciproque comme ceux du Père, Fils et Esprit Saint. Telle est la réponse que nos parents avaient faite à notre baptême et que nous confirmons chaque jour. Baptisés non pas dans l’eau, mais dans l’Esprit Saint, nous sommes les membres d’un «peuple saint» appelé par Dieu, solidaire de ceux qui veulent se donner comme le Christ. Soyons fiers et heureux d’être invités à témoigner comme Jean-Baptiste.

 

Valentin Malundama                               

16 janvier 2011