Fabriqué par Raymnond Paris

L’AMOUR OFFERT ET ACCUEILLI GRATUITEMENT

                                                                                        Luc 7, 36-56

Les humains n’ont aucun intérêt d’établir avec Dieu une espèce de «do ut des» («je donne pour que tu me donnes»), car si  Dieu ne nous donnait que dans la mesure où nous lui donnons, s’il ne nous était utile que dans la mesure où nous lui sommes utiles, nous ne recevrions pas grand-chose de Lui. A l’encontre de la mentalité religieuse juive, Jésus n’a pas cessé d’annoncer la gratuité de l’amour divin.

 

Simon chez qui il s’attable se fabrique un Dieu qui devrait condamner la femme coupable et Jésus lui-même, briseur de frontières.  Il ne peut comprendre que Dieu peut tout donner, qu’Il nous regarde avec une justice d’amour.  La petite parabole du créancier avec les deux débiteurs montre que la remise des péchés (pardon)  est bien possible même avec une grosse dette. La pécheresse qui sent le besoin d’être réconciliée  avec elle-même et avec le Sauveur pour qui elle a un grand amour se fait dire : «Tes péchés sont pardonnés. Ta foi t’a sauvée. Va en paix». Immense joie! Par ces paroles de salut, Jésus montre que ce que Dieu met en priorité à notre égard c’est tout ce que nous avons de bon. Il se réserve tout jugement et Il ne rejette pas un cœur brisé. La condamnation n’est pas dans son projet de salut.

 

Ainsi, le véritable amour est porteur de pardon. Belle référence dans notre monde où des collègues, des frères, des responsables travaillent parfois sans se parler à cause de certains désaccords. Pourquoi tant de crimes haineux dans nos milieux et d’affrontements  interethniques et internationales ?  Pourquoi  l’esprit d’entente et de collaboration, porteur de paix, fait-il souvent place à la méfiance et au mauvais jugement porté sur les autres ?

 

«Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés», prions-nous dans le Notre Père. Au terme de l’Année sacerdotale, le pape Benoît XVI a eu l’audace de faire une demande de pardon solennel aux victimes des abus commis par des membres de notre Église, constituée de pécheurs. Pour chaque démarche de réconciliation, cela nous permet de tourner la page et de regarder l’avenir. Transmetteurs du pardon divin, sachons cracher le morceau de sorte  que « la paix soit sur le monde pour les cent mille ans qui viennent …Et que tous les hommes redeviennent des enfants» (M. Mathieu).

 

Valentin Malundama

 

 

SCG 20 juin 2010